Vendre votre maison alors qu’un crédit immobilier court encore peut sembler compliqué, surtout si vous souhaitez conserver ce prêt pour un futur projet ou profiter d’un taux avantageux. La bonne nouvelle : c’est possible dans certaines situations bien précises. Mais cette démarche implique des conditions strictes fixées par votre banque et nécessite une préparation solide. Comprendre les mécanismes de transfert de prêt, les contraintes juridiques et les alternatives disponibles vous permettra d’éviter les erreurs coûteuses et d’optimiser votre transition immobilière. Que vous souhaitiez racheter un bien ou réorganiser votre patrimoine, explorons ensemble toutes les options qui s’offrent à vous.
Comprendre les options pour vendre sa maison et garder son prêt

Avant de vous lancer dans la vente, il est essentiel de savoir ce que la loi et votre banque autorisent réellement. Entre transfert de prêt, remboursement anticipé et réemploi des fonds, les solutions existent mais ne s’appliquent pas à toutes les situations. Cette partie vous aide à identifier rapidement ce qui est envisageable dans votre cas, afin d’éviter les mauvaises surprises au moment de signer.
Comment fonctionne la vente d’un bien avec un crédit immobilier en cours ?
Lorsque vous vendez un logement encore financé, le schéma classique est simple : le notaire utilise le prix de vente pour rembourser automatiquement le capital restant dû à votre banque. Ce remboursement est appelé remboursement anticipé. Une fois le crédit soldé, le notaire vous reverse la différence, déduction faite de ses frais et émoluments.
Concrètement, imaginons que vous vendiez votre maison 250 000 € alors qu’il reste 180 000 € de capital à rembourser. Le notaire règle ces 180 000 € directement à la banque, et vous récupérez environ 70 000 € (hors frais de vente et de notaire). Ce mécanisme protège la banque, qui récupère ainsi les fonds prêtés dès que le bien change de mains.
Garder le prêt tout en vendant suppose donc de déroger à ce schéma automatique. Cela nécessite un accord formel de votre établissement prêteur et un montage juridique adapté, notamment via un transfert de crédit ou une substitution de garantie sur un nouveau bien.
Transfert de prêt immobilier : dans quels cas est-ce envisageable ?
Le transfert de prêt, aussi appelé portabilité du crédit, consiste à affecter votre crédit actuel à un nouveau logement au lieu de le rembourser à la vente. Cette option n’est possible que si votre contrat de prêt le prévoit explicitement ou si votre banque accepte de l’ajouter via un avenant.
Pour que ce transfert fonctionne, plusieurs conditions doivent être réunies :
- Le nouveau bien doit être acquis dans un délai précis après la vente, généralement entre 3 et 12 mois selon les établissements
- La valeur du nouveau logement doit être au moins équivalente à celle de l’ancien, ou justifier un complément de financement cohérent
- La nature du bien peut être encadrée : certaines banques exigent que le nouveau bien soit également une résidence principale si tel était le cas initialement
- Votre situation financière doit rester stable ou s’améliorer, avec un taux d’endettement acceptable
Ce mécanisme est particulièrement intéressant si vous avez souscrit votre crédit à un taux très bas, par exemple 1,2 % en 2021, alors que les taux actuels tournent autour de 3,5 % à 4 %. Conserver ce taux avantageux peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros d’économie sur la durée restante.
Peut-on vendre sa maison sans rembourser le prêt si l’on reste propriétaire ailleurs ?
Certains propriétaires imaginent vendre un bien tout en conservant le prêt pour financer d’autres projets patrimoniaux, comme des travaux sur une résidence secondaire ou un investissement locatif. En réalité, cette situation est très encadrée et rarement acceptée par les banques.
Le crédit immobilier a été accordé en fonction d’un bien précis, donné en garantie via une hypothèque ou une caution. Si ce bien est vendu sans que le prêt ne soit transféré sur une nouvelle garantie équivalente, la banque perd sa sécurité. Elle exigera donc généralement le remboursement intégral à la vente.
Il existe toutefois une exception : si vous possédez un autre bien de valeur équivalente et que vous proposez de le donner en garantie à la place du logement vendu, la banque peut accepter. Mais cette opération suppose des frais supplémentaires (mainlevée d’hypothèque sur l’ancien bien, nouvelle inscription sur le bien substitué) et une étude approfondie de votre dossier.
Garder son prêt immobilier pour un nouveau projet d’achat

Lorsque vous profitez d’un taux d’emprunt très bas, l’idée de le conserver pour financer votre futur logement est particulièrement séduisante. Encore faut-il comprendre comment la banque évalue le risque, les conditions de transfert acceptables et les impacts sur votre budget. Cette partie détaille le mécanisme de transfert de prêt et ses alternatives pour mener à bien votre nouveau projet.
Transfert de crédit immobilier : quels avantages concrets pour l’emprunteur ?
Le principal atout du transfert de prêt réside dans la conservation d’un taux avantageux. Si vous remboursez actuellement un crédit à 1,5 % contracté il y a quelques années, transférer ce prêt sur votre nouveau bien vous évite de souscrire un nouveau crédit aux conditions actuelles, nettement moins favorables.
Au-delà du taux, vous économisez également sur plusieurs postes de frais :
- Les frais de dossier d’un nouveau crédit (entre 500 € et 1 500 € selon les banques)
- Les indemnités de remboursement anticipé, souvent plafonnées à 6 mois d’intérêts ou 3 % du capital restant dû
- Les frais d’assurance emprunteur si vous conservez votre contrat initial
Exemple concret : sur un capital restant dû de 200 000 € à 1,3 % sur 15 ans, conserver ce taux plutôt que d’emprunter à 3,8 % représente une économie d’environ 35 000 € d’intérêts sur la durée restante du prêt.
Quelles conditions imposent les banques pour accepter de transférer un prêt existant ?
Les établissements bancaires n’accordent pas automatiquement le transfert de prêt, même si votre contrat le prévoit. Ils procèdent à une analyse complète de votre dossier, comme pour une nouvelle demande de crédit.
Voici les principaux critères évalués :
| Critère | Exigence habituelle |
|---|---|
| Délai d’acquisition | Nouveau bien acheté dans les 6 à 12 mois après la vente |
| Valeur du bien | Prix au moins équivalent ou justifiant un financement complémentaire cohérent |
| Taux d’endettement | Maximum 35 % avec assurance incluse |
| Revenus | Stabilité ou amélioration de la situation professionnelle |
| Apport personnel | Souvent exigé pour couvrir les frais de notaire et garantie |
Si votre profil financier s’est dégradé depuis le prêt initial (perte d’emploi, baisse de revenus, augmentation des charges), la banque peut refuser le transfert ou exiger des garanties supplémentaires, comme une caution solidaire ou un nantissement.
Comment négocier avec sa banque pour garder son prêt lors d’un nouvel achat ?
Pour maximiser vos chances d’obtenir l’accord de votre banque, préparez votre demande avec soin. Présentez-vous avec un dossier complet et argumenté qui démontre la cohérence de votre projet immobilier.
Voici les éléments à rassembler :
- Un compromis de vente signé ou une promesse d’achat concrète pour le nouveau bien
- Vos trois derniers bulletins de salaire et votre dernier avis d’imposition
- Un tableau de financement détaillé incluant apport, prêt transféré et éventuel crédit complémentaire
- Une estimation de la valeur du nouveau bien (avis d’agence ou expertise)
Lors de la négociation, montrez-vous ouvert à certains compromis si la banque émet des réserves. Accepter une légère augmentation de la durée du prêt, un apport personnel plus important ou une caution renforcée peut débloquer la situation. Certains emprunteurs proposent également de domicilier leurs revenus dans l’établissement ou de souscrire des produits d’épargne complémentaires.
N’hésitez pas à solliciter plusieurs établissements en parallèle, y compris en passant par un courtier en crédit immobilier. La concurrence joue en votre faveur et certaines banques sont plus souples que d’autres sur le transfert de prêt.
Vendre sa maison, garder son prêt : enjeux juridiques, fiscaux et pratiques
Au-delà de l’accord de principe de la banque, garder son prêt tout en vendant soulève des questions juridiques, fiscales et organisationnelles. De la levée d’hypothèque au traitement des indemnités de remboursement anticipé, chaque détail peut peser sur le coût final de votre opération. Cette partie vous aide à anticiper les implications concrètes, pour sécuriser la transaction du compromis jusqu’à l’acte de vente.
Que se passe-t-il pour l’hypothèque ou la caution si vous conservez le prêt ?
Lorsque vous contractez un crédit immobilier, la banque exige une garantie pour se protéger en cas de non-remboursement. Cette garantie prend généralement la forme d’une hypothèque, d’un privilège de prêteur de deniers ou d’une caution (souvent via un organisme comme le Crédit Logement).
Ces garanties sont juridiquement rattachées au bien financé. Si vous vendez ce bien, la garantie doit être levée, ce qui pose un problème évident si vous souhaitez conserver le prêt. La solution consiste à substituer la garantie : la banque accepte de lever la garantie sur l’ancien bien et d’en inscrire une nouvelle sur le logement que vous achetez.
Cette opération génère des frais :
- Mainlevée de l’hypothèque ou radiation du privilège : entre 0,3 % et 0,6 % de la valeur du bien initial
- Nouvelle inscription hypothécaire sur le bien acquis : environ 1,5 % du montant garanti
- Frais de dossier pour la modification du contrat de prêt
Si vous aviez opté pour une caution, le processus est généralement plus simple et moins coûteux, mais l’organisme de cautionnement doit également valider le transfert sur le nouveau bien.
Indemnités de remboursement anticipé : peut-on les éviter en gardant le crédit ?
Rembourser un crédit avant son terme entraîne normalement des indemnités de remboursement anticipé (IRA), calculées selon deux méthodes : soit 6 mois d’intérêts, soit 3 % du capital restant dû. La banque applique le montant le plus faible, avec un plafond souvent fixé à 3 % du capital restant.
L’avantage majeur du transfert de prêt est qu’il permet généralement d’éviter ces pénalités. Puisque vous ne remboursez pas réellement le crédit mais le transférez sur un nouveau bien, la banque n’a pas de motif légitime pour vous facturer des IRA. Toutefois, cette exonération doit être confirmée par écrit dans l’avenant de transfert.
Attention : certains contrats de prêt contiennent des clauses spécifiques autorisant la banque à facturer des frais de dossier pour le transfert, même en l’absence d’IRA. Relisez attentivement votre offre de prêt initiale et demandez une simulation détaillée avant de vous engager.
Si votre contrat ne prévoit pas la portabilité et que la banque refuse le transfert, vous devrez rembourser le prêt à la vente et supporter les IRA. Dans certains cas, négocier une réduction ou une suppression de ces pénalités reste possible, notamment si vous souscrivez un nouveau crédit dans le même établissement.
Vente, prêt relais et ancien crédit : comment articuler ces financements sereinement ?
Lorsque vous souhaitez acheter avant d’avoir vendu, le prêt relais constitue une solution classique. Il vous permet d’emprunter une partie de la valeur de votre bien actuel (généralement 70 % à 80 %) pour financer l’acquisition du nouveau logement, en attendant que la vente se finalise.
Mais si vous avez déjà un crédit en cours et que vous envisagez de le conserver, la situation se complexifie rapidement. Vous devez gérer simultanément :
- Les mensualités de votre crédit initial que vous souhaitez transférer
- Les intérêts du prêt relais (le capital n’est remboursé qu’à la vente)
- Éventuellement un crédit complémentaire si le nouveau bien coûte plus cher
Cette triple charge peut mettre votre budget sous tension. Exemple concret : vous remboursez 850 € par mois sur votre crédit actuel, vous payez 400 € d’intérêts mensuels sur un prêt relais de 200 000 €, soit un total de 1 250 € avant même la vente. Si celle-ci tarde, votre trésorerie peut rapidement être mise à mal.
Pour articuler ces financements sereinement, établissez un calendrier précis intégrant toutes les échéances : signature du compromis de vente, obtention du prêt relais, délai estimé de vente, signature de l’acte définitif. Simulez aussi différents scénarios (vente rapide, vente qui s’étire) pour vérifier que votre capacité de remboursement reste soutenable dans tous les cas.
Stratégies alternatives si garder son prêt n’est pas possible ou pas optimal
Dans certains cas, la banque refusera le transfert ou le maintien du prêt, ou bien l’opération ne sera tout simplement pas intéressante pour vous. Il existe alors d’autres leviers pour optimiser la vente et préparer votre futur achat, sans vous enfermer dans un montage trop contraignant. Cette partie propose des pistes concrètes, à comparer calmement avant de trancher.
Quand vaut-il mieux rembourser son prêt et renégocier un nouveau crédit ?
Garder son prêt n’est pas toujours la meilleure option, même avec un taux avantageux. Plusieurs situations doivent vous inciter à rembourser le crédit et repartir sur de nouvelles bases.
Premièrement, si la durée restante de votre prêt est courte (moins de 5 ans), l’impact du taux devient marginal. Vous avez déjà remboursé l’essentiel des intérêts dans les premières années, la part du capital devient prépondérante. Conserver ce prêt ne génère plus d’économie significative.
Deuxièmement, si votre situation financière s’est améliorée (hausse de revenus, suppression de crédits à la consommation), vous pouvez désormais prétendre à de meilleures conditions d’emprunt. Un nouveau crédit à taux fixe sur 20 ans peut offrir une mensualité plus confortable qu’un ancien prêt sur 10 ans restants, même si le taux est légèrement supérieur.
Troisièmement, certains prêts anciens comportent des assurances emprunteur très coûteuses calculées sur le capital initial. Souscrire un nouveau crédit avec une assurance déléguée moderne peut diviser le coût de l’assurance par deux ou trois, compensant largement une légère hausse du taux d’intérêt.
Avant de décider, réalisez une comparaison chiffrée entre les deux scénarios : coût total du crédit transféré (intérêts + frais de substitution de garantie) versus coût total d’un nouveau prêt (intérêts + frais de dossier + IRA éventuelles).
Comment utiliser le prix de vente pour renforcer son apport et réduire son endettement ?
Vendre votre maison libère du capital, que vous pouvez utiliser stratégiquement pour améliorer votre situation financière globale. Plutôt que de chercher absolument à conserver votre prêt, envisagez de rembourser le crédit et de constituer un apport solide pour votre futur achat.
Un apport personnel conséquent (au minimum 20 % du prix d’achat, idéalement 30 %) vous offre plusieurs avantages :
- Un meilleur taux d’intérêt négocié auprès des banques
- Une mensualité plus basse, préservant votre reste à vivre
- Un taux d’endettement réduit, facilitant l’accord de prêt
- Une capacité d’emprunt préservée pour d’autres projets futurs
Exemple : vous vendez 280 000 € un bien sur lequel reste 160 000 € de crédit. Après remboursement du prêt et paiement des frais (IRA, frais de notaire à la vente), vous disposez d’environ 110 000 €. Pour acquérir un logement à 300 000 €, cet apport de 110 000 € vous permet d’emprunter seulement 210 000 € au lieu de 270 000 €. Votre mensualité sera environ 30 % inférieure, soulageant considérablement votre budget mensuel.
Cette stratégie vous laisse également une marge de sécurité financière pour des travaux, des imprévus ou des projets personnels. Elle est particulièrement pertinente si vous approchez de la retraite ou si vos revenus sont susceptibles de baisser dans les années à venir.
Que faire si la banque refuse catégoriquement de vous laisser garder votre prêt actuel ?
Un refus de transfert de prêt n’est jamais agréable, mais ce n’est pas une impasse pour votre projet immobilier. Plusieurs options s’offrent à vous pour rebondir efficacement.
Première piste : solliciter d’autres établissements bancaires. Toutes les banques n’ont pas la même politique concernant les transferts de prêt. Certaines sont plus souples, notamment les banques mutualistes régionales ou les établissements spécialisés dans le crédit immobilier. Un courtier en crédit peut vous aider à identifier rapidement les organismes les plus ouverts à votre profil.
Deuxième option : revoir les paramètres de votre projet. Si le refus est motivé par un taux d’endettement trop élevé ou une valeur de bien jugée insuffisante, ajuster légèrement votre budget d’achat ou augmenter votre apport personnel peut débloquer la situation. Parfois, un décalage de quelques mois dans le calendrier permet aussi d’améliorer votre dossier.
Troisième possibilité : accepter le remboursement et optimiser votre nouveau financement. Concentrez vos efforts sur la négociation des meilleures conditions pour le nouveau crédit : taux, assurance déléguée, frais de dossier réduits. Même si vous perdez votre taux avantageux, vous repartez sur des bases saines, adaptées à votre situation actuelle.
Enfin, prenez du recul sur l’opportunité réelle de conserver ce prêt. Parfois, s’acharner à maintenir un crédit ancien peut vous enfermer dans un montage compliqué et rigide. Un nouveau prêt bien calibré, avec une mensualité confortable et une durée adaptée à vos projets de vie, constitue souvent une solution plus sereine et pérenne.
En conclusion, vendre votre maison tout en gardant votre prêt immobilier est techniquement possible, mais nécessite une préparation minutieuse et l’accord de votre banque. Le transfert de crédit peut s’avérer très avantageux si vous bénéficiez d’un taux bas, mais implique des conditions strictes et des frais de substitution de garantie. Avant de vous engager, comparez systématiquement cette option avec un remboursement anticipé suivi d’un nouveau crédit. Évaluez non seulement l’aspect financier, mais aussi la simplicité du montage et votre confort budgétaire à court et moyen terme. N’hésitez pas à vous faire accompagner par un conseiller bancaire, un courtier ou un notaire pour sécuriser chaque étape et faire le choix le plus adapté à votre situation personnelle.
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